Les enjeux de Copenhague : ce n’est pas seulement une question de climat !

Par JF Castell

jfc02L’objectif de la conférence de Copenhague qui aura lieu le mois prochain est de parvenir à un accord entre tous les pays sur les objectifs de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) à partir de 2012, quand les engagements pris à Kyoto en 1997 arriveront à échéance. Les enjeux de cette conférence sont considérables : les émissions de GES n’ont jamais été aussi importantes qu’aujourd’hui, et dépassent largement les prévisions les plus pessimistes élaborées dans les années 1990. Si rien ne change, le Groupe International d’Experts sur le Climat (GIEC) estime qu’en 2100, la température aura augmenté de 2 à 5 °C par rapport à sa valeur actuelle.

Les premiers effets de ce réchauffement sur l’environnement sont déjà observables : augmentation du niveau de la mer, sécheresses en régions tropicales, perturbation des rythmes biologiques… Mais son coût humain est également mesurable : en France, la canicule de l’été 2003 a provoqué le décès de 15 000 personnes, et on estime que dans les pays du sud, fragilisés par leur grande pauvreté, le réchauffement climatique fait déjà 200 000 victimes chaque année. Pour le futur, il est difficile de prévoir avec précision les impacts sur notre vie et celle de nos enfants. Nous sommes même incapables d’en imaginer les conséquences s’il dépasse le seuil de 2° C, tant les modifications écologiques, sanitaires et économiques seront importantes. La seule certitude que nous ayons aujourd’hui est que le changement climatique est en marche, que nous ne pouvons plus l’éviter, et que ce sont comme toujours les plus pauvres qui en souffriront le plus.

Pour moi, Copenhague sera un succès si quatre grands engagements sont pris :

- Avant tout, réduire massivement nos émissions de GES. Les estimations du GIEC indiquent que pour éviter un réchauffement supérieur à 2° C, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions d’au moins 30% d’ici 2020.

- Ensuite, lutter contre la déforestation, qui représente aujourd’hui près de 20% des émissions de CO2, le principal GES. Ceci passe nécessairement par une révision drastique de nos politiques agricoles et alimentaires, qui impactent fortement la gestion des terres dans les pays du sud.

- Puisque le changement climatique est maintenant inévitable, et que les populations qui en sont les moins responsables en seront les principales victimes, il faudra soutenir l’adaptation des pays en développement. Les ONG estiment que ceci pourrait coûter 40 milliards d’euros par an d’ici à 2020.

- Enfin, aider les pays du sud à réduire leurs émissions. Ils sont prêts à signer cet engagement à condition que les pays industrialisés les soutiennent par des financements et des transferts de technologie. Le coût estimé est de l’ordre de 70 milliards d’euros par an d’ici 2020.

La conférence de Copenhague ne sera donc un succès que si elle aboutit à la fois à l’engagement vers une réduction massive des émissions des GES, et à l’engagement d’un soutien financier des pays industrialisés vers les pays du sud qui soit durable et proportionné aux besoins. C’est cette exigence que nous devons porter auprès de ceux qui représenteront la France et l’Union Européenne dans ces négociations.

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